Un succès pour le patrimoine levantin : le retour des statues d’Echmoun

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Un succès pour le patrimoine levantin : le retour des statues d’Echmoun

 

En février 2018, cinq statues issues du temple d’Echmoun ont signé leur retour au Musée de Beyrouth. Cet événement rend compte des efforts mis en oeuvre pour la réappropriation du patrimoine culturel du Liban.

 

La douane libanaise a dévoilé la nouvelle en janvier. Une statue, par deux fois millénaire, a été interceptée sur le port de Tripoli. C’est une bonne nouvelle pour le patrimoine culturel libanais. Elle était portée disparue depuis près de trente ans. Celle-ci, ainsi que quatre autres pièces, signe son retour parmi l’une des plus prestigieuses collections de pièces antiques du Moyen-Orient.

 

Patrimoine mondial de l’UNESCO

 

Toutes proviennent du temple du dieu phénicien de la guérison, Echmoun. Ce site se trouve près de Saïda, cité légendaire de la Phénicie et capitale de l’actuel Gouvernorat du Sud-Liban. Il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Parmi les statues, une tête de taureau en marbre blanc d’origine grecque. Celle-ci daterait de 360 avant J.C.. Elle a été rapatriée depuis les États-Unis, accompagnée de deux torses en marbres des IV ème et VI ème siècles avant J.C. Un troisième torse a été rapatrié depuis l’Allemagne, où il a été découvert dans une galerie d’art. Quant à elle, la statue interceptée au port de Tripoli, représente un jeune homme vêtu d’une longue tunique sur laquelle on peut distinguer des inscriptions en phénicien.

 

Processus de rapatriement

 

Une cérémonie au Musée de Beyrouth a célébré le retour de ces cinq pièce. Le ministre de la culture Ghattas Khoury s’est félicité de ce succès qui n’est qu’une étape dans le processus de rapatriement et de réappropriation des pièces volées pendant la guerre civile. Durant cette période, des pilleurs ont dépouillé le patrimoine culturel libanais de bon nombre de ses trésors.

Le Liban s’est engagé dans une lutte durable contre le trafic d’antiquités. Une interception sur le port de Tripoli, sur le sol libanais, d’une telle pièce porte un symbole fort. Le récent lancement de la campagne « notre patrimoine n’est pas à vendre », menée de concert avec l’UNESCO témoigne de la sincérité de l’engagement.

Les œuvres antiques du Liban forment un patrimoine commun aux habitants. Elles révèlent toute une partie de l’histoire de la région. Il semble logique que l’association Al Doha sensibilise les jeunes auprès desquels elle travaille à la nécessité de préserver cet héritage commun.

 

Raphaël Blin

 

[Photographie : Les cinq sculptures restituées après leur vol en 1981, photo prise par Michel Sayegh.]

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