L’éducation au Moyen Orient et en Afrique : entre idées reçues et réalité

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L’éducation au Moyen Orient et en Afrique : entre idées reçues et réalité

 

Lorsqu’on évoque la situation de l’éducation dans des régions du monde tel que le Moyen-Orient ou encore l’Afrique, la première idée reçue est celle d’une situation catastrophique, de régions en retard où le taux de scolarisation et d’accès à l’instruction reculent ou stagnent. Chez la majorité d’entre nous, l’image qui vient immédiatement à l’esprit est bien celle d’un manque évident de structures éducatives ainsi que des conditions d’accès au savoir qui peinent à se développer. En effet, nous avons là, l’image d’une région où la promotion de l’éducation n’est pas une priorité. Cependant, cet imaginaire mérite d’être nuancé, analysé et comparé à des chiffres et des faits.

 

  1. La réalité des faits et données statistiques :

 

Le riche et vaste territoire s’étendant sur la région du Moyen-Orient et de l’Afrique a connu de grandes avancées au cours de ces dernières années en termes d’éducation : amélioration du taux d’alphabétisation, de l’investissement dans les structures éducatives ayant permis une amélioration de l’accès à l’éducation au sens instructif du terme bien que l’on parle d’« un parcours non encore achevé » dans les réformes de la banque mondiale, ainsi qu’un recul des inégalités liées au genre puisque l’on constate que les filles obtiennent de meilleures notes dans certaines matières telles que les mathématiques en comparaison avec les garçons. En termes de scolarisation, les statistiques parlent d’elles-mêmes puisque l’on passe d’un taux de 59% en 2000 à un taux de 78% en ce qui concerne la scolarisation dans le primaire et on passe d’un taux de 62% à 70% dans la même période en ce qui concerne le taux de scolarisation dans le secondaire et cela dans l’ensemble des deux régions.

 

L’accès à l’éducation primaire est un droit universel dont tous les enfants jouissent grâce à déclaration universelle des droits de l’Homme. Quelque soit son origine sociale, l’accès à l’école publique est un droit mais aussi un devoir tant pour les garçons que pour les filles. Toutefois, il y a des inégalités qui persistent, concernant des enfants provenant de familles précaires ou déplacées par exemple malgré le fait que la promotion de l’éducation soit une entreprise internationale qui prend forme via des initiatives de l’ONU ou des partenariats mondiaux.

 

De plus, au cours de ces dernières années, de nombreuses structures éducatives -principalement des écoles – ont été construites pour accompagner la mise en vigueur de ce droit d’accès à la scolarisation.

 

Selon la banque mondiale, dans la région de la MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), « le taux de scolarisation net moyen est passé de 86 à 94% entre 2000 et 2010 »

 

Les conséquences directes de ces améliorations ont été directement visibles notamment en termes d’alphabétisation dont le taux passe de 59% en 1990 à 78% en 2010 impliquant une forte augmentation et l’émergence d’un certain dynamisme dans la société.

 

De plus en plus – comme nous l’avons vu précédemment – de nombreuses personnes savent lire, écrire et compter ce qui permet une diminution de l’écart de taux d’alphabétisation entre ces régions et d’autres régions du monde.

 

Cette nouvelle situation va permettre la mise en place de nouveaux projets permettant de compenser les manques et limites pour l’éducation des enfants dans la région du MENA.

 

Nous pourrions évoquer, par exemple, le Burkina Faso qui est un des pays les plus pauvres mais qui consacre, à l’éducation. une part importante de ses ressources ainsi que les aides extérieures reçues. Cette entreprise nous permet de constater la priorité qui est mise à cet objectif de « l’éducation pour tous », de scolarisation universalisée malgré une restriction importante de moyens.

 

Malgré le fait que les objectifs de 2015 n’ont pas été atteints, la scolarisation des filles à largement progressé idem pour l’enseignement secondaire en général permettant au pays de s’engager sur une voie d’évolution et de modernité qu’importe la pauvreté auquel il est confronté. L’éducation au Burkina Faso est une priorité, mais aussi une priorité financière, aspect que beaucoup d’autres acteurs internationaux se doivent urgemment de prendre en considération.

 

 

  1. Développer l’éducation, les nouveaux enjeux :

 

Dans tout cela, le financement de l’éducation par les gouvernements ainsi que le financement privé d’associations ou autres organisations, jouent un rôle très important.

 

Pour que les choses continuent d’évoluer dans ces régions du monde et afin qu’elles puissent faire face aux enjeux auxquels elles sont confrontées, il faut continuer d’investir et développer des partenariats afin d’améliorer la qualité de l’éducation, de diminuer encore un peu plus l’écart d’accès au savoir entre les genres et entre les classes sociales car même si l’accès à l’école primaire est un droit, les études supérieures sont souvent accessibles à ceux dont le statut socio-économique est élevé.

 

En Afrique, l’enseignement supérieur est sous-développé car il ne constitue pas une priorité de premier plan faisant que l’accès à ce dernier, pour le groupe concerné, demeure à une moyenne régionale de 5% faisant porter au continent le taux le plus faible du monde.

 

Aucune université d’Afrique occidentale ou centrale n’apparaît dans le classement des 500 meilleurs institutions d’études supérieures provoquant une migration des talents en dehors du continent en demande de formations et de possibilités professionnelles et donc parallèlement des manques au niveau national pour ce qui en est des ressources humaines et capacités dans des domaines comme la santé ou l’ingénierie.

 

De plus, l’école primaire n’est en pratique pas accessible à tout le monde du fait qu’il y ait un manque de structures ou manque de moyens ce qui empêche certaines populations précaires d’accéder à un enseignement optimal : manque de manuels, surcharges d’élèves dans certaines classes etc.

 

Malgré le manque de moyens, il existe aussi d’autres problèmes du domaine des traditions et de l’idéologie faisant que l’accès à l’éducation des filles-femmes est aussi empêché dans certaines régions du monde rendant une évolution de la situation générale plus problématique.

 

D’après l’UNICEF, dans des régions comme au Soudan ou au Yémen, l’éducation des filles-femmes pose problème faisant que le taux de scolarisation primaire des filles en 2005 est de 6% inférieur au taux des garçons mettant en place l’un des ratios les plus faibles du monde.

 

Au Yémen, pour 100 garçons qui vont à l’école on ne compte que 60 filles entérinant un peu plus tous les jours la discrimination sociale et divergences socio-économiques et parfois politiques.

 

Néanmoins, ce problème est aussi confronté par des personnalités comme Malala Yousafzai – sur laquelle nous avons déjà rédigé un article que vous pouvez retrouver sur notre site – gagnante du prix Sakharov et Simone de Beauvoir en 2013.

 

Cette jeune militante pakistanaise a réussit a sensibiliser et diffuser sa cause via son action et son blog, permettant progressivement la création d’un fond appelé Plan Malala visant à scolariser toutes les filles d’ici 2015 dans lequel le président pakistanais a promis un versement de 10 millions de dollars. Sûrement devenue la bête noire des Talibans, elle incarne toutefois une icône de paix et d’espoir pour les filles-femmes du monde mas aussi pour l’éducation de ce dernier.

 

Par ailleurs, il existe aussi comme autre enjeu pour les autorités la forte croissance démographique, une démographie souvent perçue comme étant « mal contrôlée » dans certaines régions pouvant amener à une augmentation des financements de structures liées à l’éducation dans des pays considérés comme étant peu développés.et où le taux de pauvreté atteint parfois des taux énormes.

 

En effet, d’après l’UNICEF, la croissance prévue de la population infantile va nécessiter une augmentation de plus de 11 millions de personnels qualifiés que ce soit en éducation ou santé pour accompagner cette transition démographique prévue.

 

Dans le rapport intitulé « Génération 2030 Afrique 2.0 : Favoriser les investissements dans l’enfance pour bénéficier du dividende démographique », il est dit que la population africaine devrait augmenter de 170 millions d’ici 2030 faisant que les moins de 18 ans constitueront 750 millions d’individus.

 

Les trois domaines clés du rapport sont : les soins de santé, l’éducation et la protection-autonomisation des filles-femmes nous mettant une nouvelle fois en avant l’importance des différents enjeux énoncés précédemment. Pour en apprendre davantage, nous vous encourageons à lire ce rapport ou du moins des fiches synthétiques de l’UNICEF sur le sujet.

 

Ces chiffres nous confortent dans le fait qu’il y ait eu du progrès dans ces régions du monde en termes d’éducation mais qu’il y a encore beaucoup de défis à relever avec les prévisions futures qui vont nécessiter de continuer sur cette voie, mais aussi d’en améliorer certains aspects pour pouvoir joindre les deux bouts avec les croissances démographiques prévues.

 

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles l’équipe d’Al Doha poursuit son combat au Liban. En effet, nous essayons de nous instruire davantage tous les jours via ces différentes statistiques et multiples rapports pour pouvoir visualiser l’ampleur et la complexité d’une entreprise si importante que la promotion de l’éducation.

 

L’équipe Al Doha souhaite être l’un des maillons dans ce grand projet d’éducation universelle, qu’elle soit primaire ou supérieure, néanmoins nous ne pourrons faire cela sans vous et sans vos dons. Nous sommes heureux de donner de notre temps pour cette cause mais aussi de vous faire découvrir via nos posts et articles ce monde arabe et africain dont nous aimerions préserver et protéger le futur et les enfants.

 

N’hésitez pas à nous faire même une donation de 1 euro, nous serions déjà ravis d’avoir réussi à diffuser cette envie d’aider son prochain mais surtout, cette envie de donner aux enfants du monde de plus belles perspectives d’avenir !

 

Marwan Rachidi

 

Pour aller plus loin :

– Dossier de Yombo Paul Diabouga et Bagnikoué David Bazongo. « Le financement de l’éducation au Burkina Faso et le défi de la scolarisation primaire universelle », Revue internationale d’éducation de Sèvres.

– Différents rapports mondiaux de l’UNESCO sur l’éducation : http://www.unesco.org/education/information/wer/PDFfran/toutrme.PDF

– Banque Mondiale : http://www.banquemondiale.org/fr/region/mena

 

Photographie : http://unictunis.org.tn/2015/09/03/lunicef-sinquiete-des-millions-denfants-descolarises-au-moyen-orient-et-en-afrique-du-nord/

 

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