De la simplicité à reconnaitre la grandeur d’âme

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De la simplicité à reconnaitre la grandeur d’âme

 

Il y a fort longtemps, dans une terre lointaine… très lointaine… naissait l’Archaeological Museum of Beyrouth !

Madame Badre est une guide et figure indissociable de la ville et de son musée. Collectant des milliers de pièces de l’histoire de nos civilisations, c’est à travers ce lieu, qui fête ses 150 ans, qu’elle nous permet de contempler les millénaires de ces majestueuses réalisations de nos ancêtres, qui ont traversé les siècles pour témoigner de leur existence.

La liste des cultures sur lesquelles elle a pu travailler au cours de sa carrière est colossale. Christian Hoche dans l’Express en 1995 faisait une longue énumération pour décrire la richesse présente en ces terres millénaires : « Beyrouth fut une cité occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Perses, les Grecs, les Romains, les Byzantins, les Arabes, les Francs, de nouveau les Arabes, les Mamelouks et les Ottomans. Sans compter l’époque du mandat français ! ».

Toujours d’après cet article, pas moins de 5 millions de tessons ont été retrouvés aux côtés de 7000 pièces de monnaies de toutes les époques et de 800 mètres carrés de mosaïque !

Les phéniciens y laissent un morceau de muraille, auquel s’ajoute une partie datant de l’époque médiévale, les byzantins lèguent des boutiques et les mamelouks un sanctuaire avec une coupole créant un paysage multiculturel et diversifié.

Aujourd’hui il ne vous a donc pas échappé que nous allons parler d’une grande dame, dont le nom ne saurait s’oublié.

On pourrait parler d’elle en tant qu’archéologue, conservatrice de musée, ou ambassadrice de la culture. Mais Leila Badre est bien plus que cela. L’alchimie de ses connaissances et de son intelligence en font une femme de terrain, aussi à l’aise dirigeant un chantier, son légendaire casque coloniale vissé sur le crâne, que devant une vitrine de musée exposant l’histoire fantastique de ces trésors si longtemps cachés.

Devenue un monument après avoir passé une partie de sa vie à les excaver, Madame Badre est né le 20 février 1943 à Beyrouth, à une époque qui ne tenait pas toujours en grande estime la vie des hommes. Et ces hommes de la mer, ou ces êtres de prières transmettant de célestes valeurs représentent une partie ses intérêts, la jeune étudiante passe également par l’Université Américaine de Beyrouth (AUB) ou encore par La Sorbonne pour ses études d’archéologie.

Sa thèse, portant sur les évidentes figurines anthropomorphes en terre cuite de l’Age du Bronze dénote son intérêt pour la protohistoire, c’est-à-dire les peuples ne possédants pas d’écritures contemporaines à l’instar des premières civilisations historiques. Son regard se pose sur la période du Bronze Ancien (2300-1600 av. J-C) ainsi que sur l’Age du fer, s’étalant de 800 av. J.-C, jusqu’à l’apparition de l’Histoire.

Cet ouvrage prêt dès 1976 fut publié 4 ans plus tard et amena l’archéologue à faire le tour du monde pour parler de son œuvre, une référence dans le domaine. Enseignante, chercheuse, consultante… elle renouvelle sans cesse la façon d’aborder le musée

A la tête du musée archéologique d’AUB depuis l’achèvement de son ouvrage, le site culturel ne cesse d’innover à ses côtés avec des expositions à thèmes, des excursions au Liban et en Syrie, des voyages archéologiques, des partenariats à l’étranger ou encore la création de programmes spécialisés pour les enfants.

Diriger avec ardeur le musée d’une capitale vielle de 5000 ans, soit une des plus anciennes connues, et parvenir à en faire une synthèse culturelle et artistique du monde Moyen-oriental impose le respect. De par ses découvertes et sa passion pour le patrimoine commun de l’humanité, Leila Badre est un exemple d’humanité et d’abnégation.

Humaine parce qu’on ne peut offrir meilleur salut que celui de se préoccuper de son prochain, même si celui-ci n’est plus depuis 2000 ans et qu’il n’en reste que ses bâtiments ou encore ses poteries. Faisant preuve d’abnégation car il s’agit d’un sacrifice personnel mené pour bâtir un avenir collectif meilleur.

Leila Badre nous permet de regarder dignement l’histoire, la longue histoire de l’homo sapiens.

 

Anis Mokhfi

 

Quelques sources :

http://shirin-international.org/?page_id=1599

https://www.lorientlejour.com/article/1096815/le-plus-vieux-musee-du-liban-celebre-ses-150-ans.html

https://www.lorientlejour.com/article/1065138/litalie-souhaite-investir-dans-la-preservation-du-patrimoine-libanais.html

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/des-ruines-sous-les-decombres_492582.html

https://web.archive.org/web/20111006195256/http://www.toutpourlesfemmes.com/conseil/Liban-Leila-Badre-archeologue.html

 

Photographie prise d’un article dans l’Orient le Jour de May Makarem : « Leila Badre sur un chantier de fouille à Dubaï »

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